Lever des Fonds en Startup : Les Leçons de BeInfluence et BeAngels à l'ULB
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Compte rendu de la conférence organisée par le Student Entrepreneurs Club de la Solvay Business School — Université Libre de Bruxelles
Intervenants : Thomas Angerer (co-fondateur, BeInfluence), Hugues Flament & François-Xavier Fanard (business angels, BeAngels)
Une Conférence sur le Financement Early Stage au Cœur de Bruxelles
C'est dans les locaux de l'Université Libre de Bruxelles que le Student Entrepreneurs Club de la Solvay Business School a réuni trois profils complémentaires autour d'une question centrale : comment financer une startup en Belgique quand on part de zéro ? Thomas Angerer, co-fondateur de BeInfluence, une

agence d'influence marketing bruxelloise devenue référence en Europe, a partagé la scène avec deux business angels membres de BeAngels — Hugues Flament et François-Xavier Fanard. L'objectif : croiser le regard de l'entrepreneur qui a levé des fonds avec celui des investisseurs early stage qui les déploient, pour offrir aux étudiants et jeunes entrepreneurs présents une vision concrète et sans filtre du financement startup en Belgique.
BeInfluence : l'Agence Bruxelloise à 14,5M€ de Revenus
BeInfluence est une agence d'influence marketing fondée à Bruxelles. En octobre 2020, elle boucle sa première levée de fonds en six mois — loin du mythe des trois mois qu'on entend souvent dans l'écosystème startup belge. À l'époque, l'entreprise affichait déjà 200k€ de chiffre d'affaires, était rentable, et bénéficiait d'un contexte Covid particulièrement favorable : les investisseurs étaient plus ouverts qu'à l'ordinaire, et le marché de l'influence digitale attirait l'attention.
Résultat du tour de table : 400k€ levés au total dont une bonne partie à travers BeAngels — Hugues Flament comptant parmi les investisseurs — pour une valorisation startup de 4M€. Le pitch reposait sur un positionnement de future plateforme SaaS, bien plus attractif aux yeux des business angels qu'une agence classique, dont le modèle inspire peu confiance en termes de scalabilité. Une fois les fonds levés, l'équipe a néanmoins assumé de rester agence : les deux business models étaient trop incompatibles pour coexister, et l'équipe maîtrisait son cœur de métier. C'était un pari risqué, pris sans en informer les investisseurs au préalable. Cela a fonctionné.
Aujourd'hui, BeInfluence compte 75 employés, des bureaux à Bruxelles, Paris et Genève, et 14,5M€ de revenus en 2025. L'objectif à cinq ans : 200M€ de chiffre d'affaires. Le modèle reste celui de l'agence — les marques paient BeInfluence pour orchestrer leurs campagnes d'influence, l'agence prélève une commission de 20 à 30% et restitue les résultats. Pas de plateforme, pas de produit tech — un choix délibéré. Une deuxième levée de fonds est désormais envisagée et, d’après Thomas Angerer lui-même, accessible sans problème.
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Premier Client : La Leçon du 51e Mail
L'un des moments les plus marquants de l'intervention de Thomas Angerer est le récit de leur tout premier client : Médecins sans Frontières Belgique. Les cinquante premiers mails de cold mailing n'ont rien donné. C'est le 51e qui a obtenu une réponse — non pas grâce à un pitch parfait, mais parce que l'équipe avait changé d'approche : proposer une rencontre pour comprendre les besoins de l'organisation plutôt que de simplement vendre.
MSF a accordé 3 000€ pour une première campagne test. À ce stade, BeInfluence n'avait pas encore assez de recul pour évaluer la qualité de ses propres résultats. MSF, elle, les a trouvés phénoménaux. Ce premier cas client a ouvert la porte à d'autres partenaires institutionnels, dont la Commission Européenne. La leçon pour tout entrepreneur : la persévérance combinée à une posture d'écoute vaut mieux que cinquante mails de cold outreach mal ciblés. Quand on n'a pas de réseau, le cold calling et le cold mailing restent les seuls leviers réalistes — à condition de les pratiquer intelligemment.
Business Angels en Belgique : Rôle, Profil et Critères d'Investissement
Hugues Flament et François-Xavier Fanard ont pris le temps d'expliquer leur rôle, souvent mal compris dans l'écosystème startup bruxellois. Un business angel n'est pas un venture capitalist. Il intervient plus tôt dans le cycle de vie d'une startup — au stade du financement early stage — apporte un suivi personnalisé et joue souvent un rôle de mentor que les fonds VC n'offrent pas. Ce sont généralement d'anciens entrepreneurs ayant revendu leur entreprise, qui investissent en partie pour diversifier leur portefeuille, en partie par plaisir. Ils arrivent juste après les "3F" — Family, Friends & Fools — premier cercle de financement de tout entrepreneur.
BeAngels a accompagné 500 entreprises pour un total cumulé de 90M€ investis. Ils sont très sollicités et ont peu de temps disponible : il vaut mieux se présenter avec un dossier solide, des faits chiffrés, et un pitch deck clair. Arriver trop tôt, sans traction ni product-market fit démontré, peut vous fermer la porte durablement.
Les Critères d'Investissement de Hugues Flament
Hugues a exposé sa grille d'analyse avec franchise. Sa motivation première n'est pas purement financière : il cherche à créer des emplois de qualité avec un impact sur le PIB par habitant. Dans les faits, il cible des entreprises positionnées sur de grands marchés à fort potentiel et n'investit que dans ce qu'il comprend pleinement — si le business model ne lui est pas limpide après analyse, il passe. Il n'investit que dans des entreprises européennes, et préfère les pitch decks qui partent du problème plutôt que de la solution : un problème bien identifié signifie un marché compris. Il a également signalé qu'il y a davantage d'innovation dans les pays nordiques qu'en Belgique, où l'effort entrepreneurial est culturellement moins valorisé.
Une tactique utile pour les entrepreneurs en go-to-market : présenter son produit comme s'il était prêt à la vente, même si ce n'est pas encore le cas, afin de récolter des signaux d'intérêt concrets à montrer ensuite aux investisseurs. Ce n'est pas de la tromperie — c'est de la validation de la demande marché avant de chercher du financement.

Faut-il Vraiment Lever des Fonds ? Ce Que Disent les Business Angels
François-Xavier Fanard a livré un message contre-intuitif venant d'un investisseur : si vous pouvez éviter de lever des fonds, faites-le. Le bootstrapping préserve votre autonomie, votre cap table, et votre liberté de trajectoire. Lever des fonds, c'est accepter des contraintes, des exigences de retour sur investissement, et une pression qui peut déformer la vision originale d'une entreprise.
Il a illustré ce point avec l'exemple d'un entrepreneur qui a fédéré 10 000 personnes via un groupe Facebook avant même d'avoir un produit — une validation de marché à l'ancienne, mais terriblement convaincante face à n'importe quel investisseur. Quand il est allé pitcher, la demande était prouvée. La traction, même rudimentaire, remplace mille slides.
Cloture de la soirée
Pour conclure ce merveilleux événement, le SEC a offert aux spectateurs et aux intervenants un catering. Ces réjouissances ont été partagées autour d'une séance questions-réponses durant laquelle les intervenants ont pris le temps de répondes aux questions du public qui n'ont pas pu être traitées durant la conférence.

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